10.03.2008

Tombouctou

Message de Tombouctou,


Nous sommes sur le bac qui nous transporte avec le véhicule sur le fleuve Niger.


Nous avançons très lentement. Aussi loin que porte mon regard, c’est l’eau bleue qui domine et se confond avec les brumes et les dunes du désert. Etrangeté que ce fleuve qui étale ses eaux fraiches dans un lit aride et brûlant, et s'étire ainsi sur des milliers de kilomètres, fertilisant de son limon des peuples et des civilisations incongrus.


Parfois surgissent des pirogues ou des petits campements de cases qui occupent quelques bandes de terre qui émergent du fleuve. Nous longeons ces îlots de vie, avec les femmes qui pilent le mil, les enfants qui se baignent, et des vieux qui fument la pipe en nous regardant passer…


C’est là, depuis ce bac, au milieu du fleuve, que j’entreprends cette petite narration, histoire de partager quelques impressions. Car nous rentrons de Tombouctou.


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Les récits des explorateurs nous ont laissé sur cette ville des témoignages terribles : l’anglais Laing massacré par les touaregs, le français René Caillé contraint au subterfuge de l’habit musulman, sans parler des nombreuses expéditions qui échoueront tantôt dans les sables du Sahara, tantôt sur les rives du fleuve Niger, décimées par la faim, la soif, la dysenterie, le paludisme, et le harcèlement constant des peuples du fleuve et des forêts, ou par ceux du désert…


La ville restée inaccessible jusqu'au milieu du 19 ème siècle fascinait pourtant depuis le Moyen-âge. Les voyageurs arabes, d'Ibn Battuta à Léon l'Africain, en avaient rapportés des récits édifiants, ou l'or, la prospérité, le luxe et le savoir le disputaient au mystère d'une légendaire histoire.


Que reste-t-il donc de cette ville pour laquelle nombre de rêveurs et d'explorateurs ont, par dizaines, sacrifié leur vie ? L'image de Tombouctou la mystérieuse n'est-elle qu'un reliquat de romantisme exotique, de marketing colonial usant d'une imagerie médiévale pour motiver les candidats au commerce d'outre-mer ?


C'est avec toutes ces questions que j'abordais la ville, quand notre véhicule nous fit passer le porche d'entrée de la cité, précédé des grands panneaux « Centre des impôts de Tombouctou », « Banque Internationale de Tombouctou », « Centre Commercial de Tombouctou »...Heureusement dans le défilé insignifiant des enseignes et des réclames apparaissaient ça et là « Centre Mama Haidara pour la préservation des manuscrits », Institut Fondo Kati, Centre Ahmad Baba...


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Quelques heures après mon arrivée, en me rasant dans la chambre climatisée du centre-ville de Tombouctou, tout en écoutant le dernier journal d’antenne 2 sur TV5, je réalisais combien les choses avaient changé depuis les narrations de l'explorateur René Caillé.


Je considérais avec un œil étonné le touareg enturbanné de l'hotel vendant ses breloques aux groupes de touristes, au prix de mille obséquiosités. Je croisais des groupes de jeunes attendant l'ouverture de la nouvelle boite de nuit, tandis qu'un DJ venu de la capitale Bamako m'expliquait ses projets musicaux pour la future discothèque.


Tombouctou n'est donc plus qu'un rêve ? Une construction d'entrepreneurs culturels ? Une politique de la ville et des quelques notables qui ont su mettre en valeur l'héritage de quelques malles de vieux manuscrits pour se construire de luxueuses maisons musées-conservatoires au frais de quelques généreuses fondations ?


On le croirait presque en marchant d'un pas incertain sur les congères de sable sale, tiré en avant par un guide agréé, touareg et efficace, lequel insistera pour nous traire tout le lait historique de chaque monument. Un lait aigre et convenu, dont les guides se disputent les redondances. La cité-musée est épinglée comme un papillon rare, un vestige de l'arrière pays marocain, un bastion des touaregs qui résistèrent aux explorateurs, un mauvais péplum à la Laurence d'Arabie...


Est-ce dans ces musées - dont les manuscrits sont étalés sur des claies, assortis de maigres commentaires - que se condense le mystère de la ville ? Ces feuilletés d'encre et de papiers rassis, au savoir momifié, gardent-ils vivante Tombouctou la Mystérieuse ?


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Mais d'abord que suis-je venu chercher en ces lieux ?

En fait, j'entretiens depuis quelques années un rêve autour d'une question obstinée.


L'histoire sub-saharienne, si méconnue, si lointaine, ensablée par les tempêtes des mémoires saignantes plus récentes, garderait-elle quelque intérêt pour mieux comprendre nos relations et nos histoires communes, de part et d'autres du sahara, de la méditerranée et du Sud de l'Europe ?


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L'Esclavage et la colonisation constituent-ils les deux seules aspérités historiques et mémorielles, les seules fixations mal cicatrisées et encore purulentes de nos relations tourmentées, actualisées de nos jours dans le drame "post-colonial" des immigrations clandestines et des nouveaux indigénats ?


L'Afrique nous réserve-t-elle autre chose que l'émergence des premiers hommes des savanes ? Que les fouilles d'Afrique de l'Est exhument encore... comme si ce continent n'avait d'histoire que la préhistoire, les fresques du Tassili, et les peuplades primitives et tribales rencontrées par les premiers explorateurs. Le continent se serait ainsi maintenu comme une réserve a-historique, avant de s'incarner dans la carte du monde par le naufrage de la traite, et de son commerce trans-atlantique...


J'ai pourtant toujours eu l'impression, curieuse et étrange, de circuler dans les afriques subsariennes comme dans un livre d'histoire ouvert, riche, émouvant et tragique. Riche par la richesse des langues, des timbres, des rites, des chants et des musiques, qui m'ont toujours semblé loin d'être "primitifs" !


Les Peulhs avec leurs troupeaux, fins éthiopiens de sangs mêlés, tantôt créateurs de royaumes, tantôt pasteurs vagabonds, écrivent dans leurs parcours transafricains, les transhumances et les exils de peuples nubiens du Nil...


Les villes fortifiées de la savane du sud saharien, dont il ne reste que des traces oubliés dans les sables et les chants, ont produit des arts et des peuples raffinés, dont les kora et les balafons ont gardé la vivante mémoire. Comment, écoutant la musique mandingue, ses modulations, ses épopées, ses raffinements, n'entends-t-on pas ses lointaines composantes épicées de savane et d'orients ?


Les peuples de la savane bantoue perpétuent dans les arts divinatoires et géomantiques les antiques traditions d'Egypte. Qui sait quels royaumes ont construit et perpétué ces arpenteurs de forêts dont la perception du réel est une forêt de symboles animés et communicants, et le temps un rêve arboré.


En échangeant avec mes amis mossis sur la tradition spirituelle du Banghré - l'invisible connaissant - je reste étonné par la subtilité et l'occultisme détaillé de ces farouches guerriers venu du Sud, qui savent orienter les rêves, et ouvrir des portes des esprits de la nature.


En remontant plus encore vers Tombouctou, Gao, et les vieilles cités caravanières, déjà se préfigure les pistes qui étoilent le sahara et qui relient ces vieilles cités au Tripoli, au Maroc - du tafilelt à Fez - au Caire des Seldjoukides, à l'Espagne Ommeyades, et de loin en loin aux orients les plus lointains.


En arpentant les cités anciennes, en ouvrant avec de vieux imams les malles des manuscrits poussiéreux, en écoutant dans la cour du chaman mossi les méandres occulte de l'énergie connaissante, en fréquentant les féticheuses ashanti, les griots mandingues, les marabouts soufis peulhs, en entendant les prêtresses du vaudou alafia me parler de notre double et de ses tribulations dans la vallée des morts, j'ai bien compris que ces peuples n'étaient pas aussi anodins dans leur "primitivité", mais qu'ils pourraient bien nous être nécessaire !


Le fait que leur histoires et leur cultures soient frappés d'un déni scandaleux, et qu'ils figurent aux abonnés absents de l'historicité du monde, ce fait donc ampute les africains de leur épaisseur ontologique, et les maintien dans un musée du passé du monde ou domine encore le casque du colon, et le canon des caravelles de la traite.

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J'ai bien conscience que ma question têtue et mon rêve sont d'actualité, mais que le déni académique reste le plus puissant.


Les enfants maliens, sénégalais, guinéens, mauritaniens, qui fréquentent nos classes scolaires et s'entassent dans les cités n'auront peut-être pas avant longtemps encore la possibilité de découvrir que leur histoire n'est pas aussi lointaine de l'Europe. Que leur passé ne se résume pas à des contentieux séculaires avec des négriers ou des colons, comme le scandent les rappeurs et les marchands de haine, si prompts à revendiquer les fractures et la créance illimitée du malheur...


Tombouctou en fait sonne à mes oreilles comme un talisman. Je n'y suis pas venu chercher des certitudes, mais des silences, comme ceux qui modèlent les arrondis de la mosquée de Djingareiber construite en 1325 par l'andalou Ibrahim Ishaq Essaheli. J'y suis venu pour mieux entendre en moi ces voix anciennes qui ont bati ces murs, posé cette écriture serrée sur ces manuscrits de parchemins et de peaux, inscrits la vieille ville dans la toile des destinations médiévales au départ de Fostat la Cairote, de Damas, de Fez, d'Alméria.


Derrière les paravents touristiques, et les visites guidées, j'y ai rencontré bien plus que je ne l'avais espéré.


Des historiens et érudits africains pour lesquels le combat commence, qui retrouvent les liens, les fils, les vieux motifs, les traces manuscrites, la géographie des villes et des royaumes oubliés. Qui retrouvent les éléments du puzzle d'une histoire que l'on avait jeté au rebut de l'histoire. Afro-américains et sud-africains, mais aussi espagnols et andalous...tamisent la poussière d'or de la ville, remettent à jour les personnages, les parcours, les expéditions, recoupent les récits de l'oralité et ceux des manuscrits, pour faire apparaitre un monde inattendu et impressionnant. Reliant patiemment la ville et les anciens empires du Ghana, du Mali et de Gao, aux grandes routes de la connaissance et des échanges, qui passaient de la méditerranée aux terres occitanes, des steppes mongoles aux yemens, remettant à jour les expéditions africaines vers les lointaines amériques, jusqu'aux tribus juives établies près de Tombouctou...


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Tandis que le bac accoste sur l'autre bord du fleuve Niger, et que Tombouctou disparait dans la brume, je rentre avec plus de détermination encore et de conviction. Tandis que nous roulons déjà sur la piste j'aperçois sur un chemin paralèlle un long convoi d'ânes transportant des plaques de sel. Je rapporte avec moi aussi un peu de ce sel.


Qui gardera longtemps dans la salaison du coeur, le talisman mémoriel de Tombouctou.


Hassan Aslafy

18.02.2008

Passage en pratique

Depuis quelques temps, quelque chose pointe en moi une nouvelle sensibilité.

Je ne parle pas d'esthétique, ni d'émotion.

C'est plûtot comme s'il m'advenait une truffe palpitante et vibratile.

De nouvelles impressions fortes se font jour et je deviens de plus en plus sensible
aux hormones mutagènes qui embaument le compost de notre sainte et ribaude réalité.

Le terreau de la matière, saturé de conscience, semble dégager un nouveau fumet.

A moins qu'il s'agisse de l'effet d'une fermentation.

Des enzymes - peut-on y voir l'oeuvre de mutance cellulaire de certains pionniers ? - ont lentement et subrepticement opéré leur mastication anaérobie, oeuvrant à l'ombre dans les soubassements de nos fondations.

Le Verbe fondamental des choses semble avoir été trituré.
Le treillis des mondes semble s'élargir à de nouvelles intégrations.
Mes rêves pulsent comme des roues cerclées de feu et embrasent mon quotidien de sens et d'urgence.

Poussé par cette énergie et ce feu j'ai décidé de laissé libre cours à mon expérience, de ne plus en censurer la richesse et l'affirmation.

Comment actualiser cette expérience au jour le jour ? Comment ne pas perdre le fil ? Et surtout partager ? Converger ?

Je ne vois pas d'autres options que celle de la pratique.

En irriguant le cors-énergie du mantra d'évolution.
Et dans ce sens des mouvements spontanés viennent à jour pour dire l'aube de la nouvelle conscience dans le corps.
Et un agenda de vie qui enroule dans un même sens la spirale des jours et de la consc

10.12.2007

Yaristan, enfin !

Comment, au quotidien, participer activement à l'accélération spirituelle évolutive, qui tire si fermement les mors de nos rossinantes habitudes, nous laissant ni répit ni vacances sur le chemin soudain si pentu du réel ?

Comment faire en sorte que notre relation ordinaire à la réalité - irradiés cathodiques que nous sommes de sur-information et des drames médiatisés - soit le levier de cette intensification de la conscience qui s'impose aujourd'hui avec tellement de pathétique ?

Comment survivre à tous ces tsunamis de notre espèce qui nous renvoient au sourire de nos petites canines dans le miroir matinal ?
Comment faire de ces heures, de ces minutes, de ces secondes, de ces jours qui s'engouffrent dans la bouche avide du Temps, comment en faire des leviers, des yantras, des capteurs actifs et puissants de sens et de conscience ? Et, oui osons-le mot, de sens , de conscience et... d'amour.

Pour sortir enfin du triste cirque des haines qui embouchent les haines dans une contagion qui nous laisse si vulnérable à la violence et à la peur ?

Heureusement d'extraordinaires extracteurs de Sens nous ont ouverts la Voie, livrant une lutte formidable dans les profondeurs, vrillant le Mur du vieux mécanisme qui grippe nos consciences.

La Voie est ouverte, qui fut portée par la fabuleuse caravane des précurseurs, entretenue dans le secret des coeurs. Clandestinement, à l'ombre des interdits, ils ont, au risque d'être découpés où rôtis, et à l'insu de toutes les inquisitions, délié les fils de notre corset psychique, révélant la splendide nudité de notre divinité en devenir.

Depuis lors, la lente et puissante spire de la connaissance affranchie s'est accrochée à notre espèce et notre histoire, délivrant par pallier ses messages d'ouvertures, distillant ses secrets dans l'alambic des consciences, fomentant des rêves, des inventions et des libertés.

Nous sommes au seuil inaugural de tous les possibles, à la Bifurcation tant attendue depuis des millénaires.

Mais pour y participer suffit-il de le savoir ?

C'est pour mettre en oeuvre une dynamique d'activation évolutive que cet initiative voit le jour. Pour se donner, pour nous donner les moyens d'aller de l'avant.
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On verra que notre démarche est particulière, tout en étant naturelle et de bon sens.
En premier lieu, nous avons la conviction que l'ère des gurus est révolue.

On ne plus faire porter à d'autres notre fardeau et nos karmas de fourmis. Il est temps de prendre sur soi sa part du monde et d'aller vaillant au-devant de l'inconnu.

Nous pouvons toujours, lors des inévitables trébuchements, et lorsque nous en avons besoin, nous appuyer fraternellement contre l'épaule de quelques amis. Mais la voie étant ouverte, on ne peut plus faire porter notre destin ontologique par d'autres.
Finalement la concrétion de l'égo a constitué une coquille efficace dans laquelle à pu se loger le Bernard l'Hermite fragile de notre être psychique en croissance.

Mais la couvaison est terminée. Nous sommes faits désormais pour éclore et assumer notre naissance dans le nouveau monde qui advient.
Pour autant nous sommes loin d'être condamnés au destin "camusien" de Sysyphe, à ce yoyo d'exaltations transcendantales suivi de désarrois et d'errances dans ces nuits de pleine lune sans étoiles, qui peuvent parfois nous transfigurer en loup pour nous-mêmes et pour les autres.

Nous avons des clés, et c'est là la merveille.
Nous cumulons, chacun dans nos corps, nos cellules et nos esprits, et dans les tissus calleux de notre cortex, des chréodes mémorielles vastes comme des mondes dont les méandres infinis contiennent, en myriades de stalactites, le passé condensé de notre espèce.
Mais aussi les codons frémissants, le couvain vivant de notre futur.
Nous contenons tous ce feuilleté encodé de sens qui capitalise les milliers d'années de pratiques diverses. On peut facilement tourner les pages de leurs grandes séquences.
Les vieilles pratiques chamaniques usant de plantes hallucinogènes et de champignons ? Nous en avons les spores mémoriels vivants, qui ont en leurs temps fait flamber nos gènes de leurs flash de voyance, nous délivrant les messages des fleurs et des plantes médecinales ! Ces substances, compagnes et amantes jalouses de nos esprits ont remplis leur office, poussant les chamanes et les devineresses à oser le feu de la connaissance et à braver la nuit de notre ignorance. Elles ne délivrent plus aujourd'hui que des tournées de funiculaires hallucinées dont le vertige nous vrille les neurones.

Les rites tantriques rouges et les sabbats sexuels noirs ? Les orgies dionysiaques et priapiques ? Tout cela nous habitent et se rêvent en nous, s'actualisant comme des succubes dans nos ruts et nos fantasmes prolifiques. Remettant sans cesse sur le métier les mêmes variables pathétiques et les mêmes positions kamasutriques dans la générosité compulsive des générations !

Les pratiques ascétiques et prométhéennes qui veulent arracher le feu de la connaissance à la force de l'austérité et de la repentance ? Tout cela et plus encore palpite dans nos alvéoles cellulaires d'un feu toujours crépitant de culpabilité. Des bûchers fument encore, toujours prêts aux hérétiques grillades. Notre espèce porte encore sur la voûte docile de son dos séculaire les stries toujours vives des vieilles processions d'auto-flagellations. Un vieux ragoût coupable au fumet encore appétant mijote dans le fourneaux de nos caboches traumatisées. Saurons-nous lui préférer les millions d'oiseaux d'or et les futurs vigueurs ?
Les Dieux, désormais relégués dans le glacis de nos oublis, envoient toujours leurs commerciaux rabatteurs pour se faire servir, encore et toujours la bonne soupe de nos adorations. La pouponnière terrestre, qui fut si généreuse en tremblantes ouailles et en si généreuses libations et grillades sacrificielles n'est plus ce qu'elle était ! Nous sommes devenus les adolescents ingrats et mauvais, les boutonneux pathétiques et rebelles, les alpinistes prétentieux attirés eux aussi par les cimes originelles. Les transparents glaciers de Mallarmé ne nous affolent plus et nous prétendons pouvoir redresser les statuts tutélaires de nos îles de Pâques intérieures. Osons jusqu'au bout notre destin d'Ulysse, et ne nous arrêtons pas au son des sirènes matricielles, si avides de nous rappeler dans leurs ventres et nous piéger dans la confiture béate des sempiternelles adorations.

La lutte du fragile opprimé contre la machine du tyran oppresseur est devenu la nôtre, sous toutes les coutures de cette planète mouchetée de guerres. Nous devons à cette lutte, dont la bible nous livre l'archétype dans le combat de David, nous lui devons le trophée de nos libertés. Ces dernières, après avoir rampé en catimini pendant quelques siècles, lèvent désormais la tête dans la tête de tous les êtres humains. Mais le combat contre tous les complots néo-libéraux, diaboliques, extra-terrestres ou trilatéraux re-scandent ad nauseum leurs marseillaises et leurs internationales éculées, dont on sent bien qu'elles ont fait leur temps. La page est tournée, celle du complot des coupables, et des coupables comploteurs, mais elle reste toujours puissamment pratique pour écrire les slogans faciles et afficher les noms des bouc émissaires de nos immaturités.

N'oublions pas dans la suite de ce catalogue, le chapitre de la méditation. Le polissage intérieur est certes utile, voir capitale, mais pour un temps. Il nous tient dans la teneur, il irrigue notre biologie de cette autre substance qui nous tient l'esprit debout, avec une rosace dans le coeur. La méditation entraîne l'égo vers le point paradoxal d'abolissement et de souveraineté qui confine aux extases enneigées de silence. On y découvre des voluptés de cétacés et notre coeur s'étoile en harmoniques transcendantales. Elle permet de déplumer notre oiseau social, ce perroquet infatué au moi redondant. Mais à trop polir on perd du relief, à la longue on finit par poncer les nuages. Bref, on fleure l'inconsistance en confondant la paix soporifique et la bien-aise intérieure avec l'évolution de la conscience. Il est extraordinaire de constater le nombre de maîtres spirituels qui prescrivent encore cette ordonnance ponctuelle comme une fin, accoutumant leurs disciples à rester des disciples.

Les lourds nuages de ces mémoires sont en co-présence dans nos corps et nos esprits, et s'imposent parfois comme les horizons uniques de nos possibilités. Nous allons alors répétant et répétant les histoires répétitives comme Charlot devenu le maillon saccadé de sa chaîne pathétique.

Mais par-delà leurs horizons fermés, se cachent les grands nids de nouvelles couvaisons, qui vrombissent de leurs ailes naissantes. Ni les ascètes, ni les sévères anachorètes, ni les dévots confits en leur espérances méritées, ni les docteurs de toutes les lois, ni les inquisiteurs n'ont accès à ces bancs de saumons frais qui remontent allègrement les grands torrents de nos Hyperborées naissantes.

Cet à cet appel saumoné et bien frais du Grand Sens qu'il faut s'éveiller, et non s'épuiser en torticolis psychologiques et spirituels, fussent-ils induits par la guidance de Maîtres aussi bien guidés soient-ils !
Nous ne sommes pas là pour reproduire les atavismes spirituels de moines médiévaux, ou se décalquer sur leurs vieilles cartographies méritantes, angéliques et mystiques.

Nous sommes investis d'une autre étape dans le déroulement de la spirale évolutive. Et il nous revient de participer à la transformation effective du Réel.

On trouvera bientôt dans le site www.mandala-de-vie.org les pistes, ressources, outils opératoires pour nous donner les moyens de fourbir nos éclosions et nos miracles au coeur de ce trouble fog planétaire qui, à dessein, nous oppresse pour nous presser de le transformer.
Yaristan

05.12.2007

La Blessure ?

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La semaine prochaine, nous allons, avec quelques membres de ma famille venus spécialement d'Espagne, récupérer à St Etienne ce qu'il reste du corps de ma mère, décédée en 1964. Nous nous rendrons ensuite tous en Espagne, à Lorca près de Murcia, pour procéder à son installation dans le caveau familial, auprès de son père et de sa mère - mes chers grands parents.

1d59a37b1ccfa0bb59cb4c0f0cbd1510.jpgJe n'ai pas connu ma mère qui a disparue un an après m'avoir mis au monde, dans la fleur de ses vingts ans. Le récit de sa mort par hémorragie, suite à une fausse couche, dans un service d'urgence de St Etienne est un cauchemar. Comme c'était souvent le cas pour les émigrés espagnols et marocains à l'époque, elle eut à subir le mépris et l'indifférence du personnel hospitalier, et l'attente d'une intervention fut telle, en dépit de la mobilisation de la famille, que ma mère eut le temps de se vider de son sang et de mourir les yeux ouverts.

Quand ma tante, qui était présente m'en fait le récit, ses pleurs tremblent d'indignation et de colère. Combien de ces drames horribles du silence ont marqués le quotidien de tant d'émigrés polonais, italiens, espagnols, arméniens, maghrébins, portugais ?

Mon père m'a ensuite confié à ma famille espagnole, et j'ai passé plusieurs mois en andalousie, dans l'attente de son remariage avec une marocaine de Casablanca.

Plusieurs points sont frappants dans cette histoire, cette mienne histoire si longtemps reléguée au large de ma vie, et qui me reviens aujourd'hui avec tout son pathétique et sa vrille douloureuse, dans un moment intense de travail et d'évolution personnel.

Je suis heureux d'en remettre à jour l'émotion, d'en réactiver la douleur et la tristesse. Une boule de souffrance et de manque de cette présence maternelle existe depuis toujours en moi. Je peux l'éprouver aujourd'hui, la pleurer et la vivre sans mots. Je l'accueille également avec ma maturité et ma force pour lui donner du sens. Je sais que je dois faire avec ce manque, cette blessure et cette douleur, et les prendre en compte pour que mon travail spirituel soit authentique.

- J'ai depuis quelques jours des pointes de lancement au nombril, qui me réveillent parfois la nuit. Comme si se réactivait en moi mon lien ombilical maternel.

- Ma mère a été inhumée dans un cimetière situé à deux kilomètres à peine des deux cités populaires ou s'est déroulée mon adolescence. Hors je n'en ai rien su ! Mon père m'a caché cette présence-absence maternelle, alors que nous contournions d'innombrables fois le cimetière en voiture, seuls tous les deux en nous rendant au potager familial. Pourquoi ne m'en a-t-il pas parlé ? Ou la mort de mère cache-t-elle une blessure qu'il ne souhaitait pas m'ouvrir ?

- Ma mère est aussi présente en moi comme un talisman spirituel et une icône intérieure. J'ai senti très concrètement en de nombreuses occasions, son amour et sa protection par delà les limites ordinaires de la réalité. Je l'ai souvent invoqué, enfant, dans ma vie douloureuse de maltraitance, entre les mains d'une femme hystérique et perverse. Elle ne m'a jamais abandonné.

Je suis touché par cette possibilité providentielle de lui rendre hommage et de faire avec elle ce voyage de retour vers nos andalousies familiales et spirituelles.

29.11.2007

Savitri suite

Sept milliards d'arbres plantés en 2007, ce qui dépasse toutes les attentes des nations-Unies ! Il y a de l'espoir !

Je vais travailler ces prochains jours à formaliser cette inspirante aventure savitrienne.

Le lieu Savitri sera un lieu de travail intense. D'évolution et de conscience d'abord.

Ensuite l'Esprit de Cordoue, l'aventure du fonio, l'Institut Savitri, le volet sanctuaire écologique, les réalisations techniques pilotes ( éco-habitat, énergie, gestion de l'eau...), le volet accueil...tout cela génèrera de nombreuses activités, et une viabilité économique conditionnelle qui nous préparerons en amont.

Pour rendre possible toute cette histoire, il faut aussi que j'intègre ce scribe intérieur, qui a si longtemps préparé ses encres et ses parchemins. Car j'ai conscience que les livres ont un rôle à jouer.
Je vais m'y mettre maintenant que la boucle de cohérence est bouclée.
Il ne me reste plus qu'à les écrire !

J'ai déjà ouvert le chantier du livre sur le fonio, j'entame celui sur l'Esprit de Cordoue qui articulera mon histoire à cet Andalus et les liens pour aujourd'hui. Puis...

Le projet SAVITRI

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Petit à petit le projet SAVITRI voit le jour.

Ce projet, porté par une vingtaine d'années bien tapées d'actions,
d'expériences, de méditations et de voyages commencent à poindre son nez.

Il s'agit d'un lieu-vortex de co-évolution et de créativité, à la fois sanctuaire de la biodiversité, pôle d'expérimentation et de technologies écologiques, lieu de vie et de guérison et site de poly-activités économiques, culturelles et artistiques...tout cela libellé du beau nom de Savitri.
Son établissement sera dans l'Aude, dans la zone du Bugarrach.
Un espace d'éco-habitats et de poly-activités, autour d'un zome circulaire comprenant un cristal central, Coeur de site, lieu de ressourcement d'ouverture et de méditation sans images ni représentation, laissant à chacun l'expression libre de son aspiration spirituelle.

J'ai vécu à Auroville et connais depuis longtemps les éco-villages.
J'ai même assuré quelques temps la coordination de l'Association des écovillages en France.

Mais l'intérêt de cette histoire est que le projet est en quelque sorte naturellement advenu, qu'il est inspiré, qu'il a cheminé de lui-même et qu'il apparait à présent si évident, si clair, si nécessaire.

Il faudra mobiliser sans doute des dizaines, ou des centaines de milliers d'euros, mais je ne m'en inquiète pas. Il me semble que le projet, cuvé, porté, couvé, béni, est suffisamment vivant pour susciter la force d'attraction foncière, technique et financière nécessaire à sa réalisation.

De plus je me sens la force d'y consacrer ma vie et toutes mes capacités, avec quelques amis qui sont aussi "captés" que moi par cette naissante et éternelle Aventure.

A-t-on en effet d'autres raisons de vivre ? La maison que nous habitons à Albi est dans une zone résidentielle comprenant une majorité de retraités. La plupart sont de charmants voisins scotchés à la télé dès le soir venu. Tous ont le gazon du jardin bien ras, et la peur noueuse au ventre. Quel affligeant spectacle que ces blockhaus résidentiels ou chacun se regarde du bout des yeux, en jouissant avaricieusement du décompte de son
bon temps ! Quelle tristesse !

23.11.2007

Nouveaux chantiers : ça chauffe !

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Depuis quelques semaines de nouveaux chantiers s'ouvrent comme des pastèques bien mures.

- Le livre : l'aventure du fonio solidaire, un éditeur est trouvé et le chantier rédactionnel est lancé. La dynamique autour du fonio est bien engagée, même si elle reste tributaire d'aléas et d'incertitudes inhérents à ce type d'activité.
Il reste que ce tour de force humain, technique et organisationnel prend forme. Et la petite graine africaine va devenir la petite messagère de paix, portée par les sept peuples du fonio, qui seront invités à l'occasion du festival des Peuples et Cultures du Fonio, que j'espère pouvoir lancer avec tous mes amis au Burkina Faso fin 2008.

- Je lance l'Esprit de Cordoue, différend et plus central à mes yeux que cet Institut Occitania Al Andalus, qui me met en porte à faux vis à vis d'amis occitans. Bien que créateur de cette histoire, je me trouve pris dans la nasse occitaniste, ce que je n'avais pas prévu. Ce cadre régionaliste est trop contraignant à mes yeux, et inhibe le développement de cet Institut, qui se trouve aller dans un sens qui n'est pas celui pour lequel je l'ai créé en son temps. C'est pourquoi, je mets à profit ce déraillement pour me recentrer sur mon projet, tout en tirant parti de ce que m'a apporté l'histoire de cet Institut. Ce sera donc l'Esprit de Cordoue. Un mouvement plus qu'un Institut, un courant, une tendance à rendre vivante et présente et à laquelle je vais me consacrer avec la force et le feu qui m'habitent sans m'embarrasser de contraintes inutiles.

- L'Institut Savitri va voir le jour, autour d'un travail personnel et collectif de co-évolution consciente. J'ai mis au point une démarche, des pratiques, des orientations, des produits autour de la question du Grand Sens, attelant ce wagon au train transcendantal tiré par les spiritualistes évolutionnistes, de Sri Aurobindo, à Mère, Satprem, Dominique Aubier, Wilber, De Chardin, Berdiaev...

- Enfin j'engage la création très prochaine de l'Association "Spiritualités en liberté". Je n'ai pas trouvé encore d'équivalent à cette idée pour partager des pratiques de vie spirituelle, des échanges libres et ouverts sur ces questions, hors des instances religieuses et sectaires. Un espace libre pour échanger et découvrir, partager entre chercheurs, pratiquants, agnostiques...

Voilà un programme réjouissant qui a couvé de longues années, et a muri à l'ombre de ces oranges bleues, et toutes ces actions provisoires qui en ont permis l'éclosion. Les rails sont enfin posés, et j'y suis aidé par une main invisible compréhensive et patiente. Pas mal de formulations antérieures, sites et blogs vont changer. Une autre étape est engagée. Il était temps !

19.10.2007

Créer d'autres lieux de vie : les Néovortex !

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Notre vie de rats des villes ordinaires, nous en convenons tous, est une aberration.
Les bars et les divertissements, les festivals et les fêtes peuvent nous distraire un temps.

Mais la réalité aberrante, les jours de lucidité, nous dégorge un jus de bon sens bien amer ...

Nos appartements étriqués produisent des fauves et des larves, et quelques rares rescapés de la trépanation télévisuelle.
Nos pavillons en banlieues et campagnes, tristes comme des tombeaux blindés de béton et d'alarmes, ne valent guère mieux.

Comment peut-on vivre ainsi ? Je milite pour l'avènement des Néovortex.

Des lieux de vie, d'évolution et de conscience, qui, à rebours du retour aux archaïsmes de la ruralité, fonde des sites à la fois de performance écologique en pleine alliance avec l'intelligence de la Nature, et en phase avec toute la dynamique évolutive de l'Univers.

Celle-ci nous expulse progressivement de toutes les anciennes cristallisations régressives et exclusives
qu'elles soient religieuses, sociales, scientifiques, culturelles et économiques...pour en inventer et en incarner de nouvelles !

Il est donc temps de créer ces lieux ouverts, accueillants, chaleureux, ou tous les Dieux ont leurs place dans la mesure ou ils en laisse aux autres, toutes les approches reconnues dans leurs richesses, toutes les quêtes partagées...

Des lieux ou sont valorisés les architectures énergétiques créatives, zomes, dômes, yourtes, écoquilles...

Ou sont inaugurées des alliances nouvelles avec la nature, ou sont restaurées les complicités ancestrales...

Des lieux ou les ressources créatrices entreprenantes soient orientées pour produire des richesses et des inventions d'utilités évolutives, en terme de mode de vie, de connaissance...

...............

Des sites Néovortex capteurs, largement ouverts aux résonances créatrices qui pulsent au coeur de l'Univers et en chacun de nous. En chacun de nous, dans la spirale de notre coquillage ontologique. Qui pulse aussi dans nos cellules jusque dans les spires vibratiles de nos chignons chromosomiques. Dans les fibrilles vibrantes de notre Cortex, ce fabuleux capteur fractal reliés aux champs symboliques vivants et informationnels de l'Univers.

18.10.2007

Faire tourner la swastika de l'argent dans le bon sens !

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J'ai toujours été intrigué et scandalisé à la fois par l'argent dénaturé, et détourné de sa vocation, dont le puissant flux sanguin, au lieu d'irriguer sainement tout le corps social de la planète, broie et saigne à blanc des milliards d'individus, tout en comblant d'abondance et de puissance quelques millions de privilégiés.

Au fond ma question a toujours été la suivante : comment se fait-il que cette énergie créatrice et positive générée par les milliards d'échanges et par le travail de tous, puisse être à ce point confisquée par un système qui en détourne le sens et l'essence, au mépris de toute justice et équité ?

Comment ne pas être étonné de son caractère si "naturellement" présent dans tout nos échanges ? Comment se fait-il que ne soit pas suspectée sa valeur qui s'accroît en alignant des zéros ? Comment ne pas admirer la parfaite puissance de dissimulation de ce fabuleux caméléon, si formidablement soluble qu'il se fond au coeur du sens le plus commun de notre réalité et de nos relations aux autres ? L'argent semble être une puissance en soi, dont tout le monde accepte le joug et les lois le plus naturellement du monde.

Comme si la rareté de l'argent et l'âpreté de son gain allait de soi, comme le ciel, le temps, la famille, le travail, et les vaches qui regardent passer le train !

Dieu sait si mon père s'est échiné comme ouvrier spécialisé pour sa liasse mensuelle, reçue des mains de son patron comme une manne du ciel.

Je n'ai jamais compris que les Eglises se soient associéés à ce monstrueux culte, bénissant ce veau d'or à tour de bras, et encourageant les foules paysannes et ouvrières à ployer sous son joug pénitentiel. Encore aujourd'hui je reste perplexe face aux dénonciations de toutes les injustices que les Eglises profèrent en leurs homélies, sans pour autant remettre en cause le détournement monstrueux des ressources créatrices au profit d'un système bancaire asservissant des milliards de pauvres sur tous les continents.

Je n'ai jamais compris non plus que les voies bouddhistes et toutes les autres organisations instituantes du sacré, prétendant à la connaissance des plus ultimes lois de l'esprit, prônant les méditations et des pratiques nous reliant aux dimensions les plus spirituelles, n'aient pas remis en cause et dénoncé ce flux monétaire formidablement et perversement détourné de sa vocation. Nous sommes invités à méditer, à adorer, à lever les yeux dans les ciels intérieurs, à étudier les traités médiévaux puis à passer... prosaïquement à la caisse...Comme si encore tout cela allait de soi...

J'ai donc rapidement été intéressé par les recherches sur la question, et me suis beaucoup investi dans les systèmes SEL. J'ai étudié les théoriciens des monnaies locales et sociales, des monnaies fondantes et les critiques du système bancaire qui, gigantesque vampire, asservit le monde au bénéfice de quelques uns. J'ai même lancé en Afrique, au Sénégal une expérimentation pionnière en créant une monnaie communautaire, dont on trouvera des compte-rendus sur internet.

J'en arrive aujourd'hui à me dire qu'on ne peut plus continuer à braire contre les injustices, à méditer dans notre coinpour que la miséricorde se répande dans le monde, à entretenir des ribambelles de Rimpotché, d'Evêques, de Cheikh, de Swami qui se multiplient à Tare la Rigot, ou à penser que le micro-crédit - misérable pansement - soit une solution.

Il faut que la Conscience évolutive - c'est à dire nous tous, ses serviteurs et guerriers - s'empare de ce levier et fasse enfin tourner la svastika de l'argent à l'endroit ! Il faut se ré-approprier cette puissance dynamique et créatrice de l'Univers et la mettre au service du Grand Sens !

Voilà la véritable insurrection de la conscience, pas seulement celle des bonnes intentions et des valeurs qui s'étale dans les colloques et les étals interminables des librairie - car cette rente là devient éculée et refroidie - mais celle des leviers fondamentaux du pouvoir remis au service du sens !

Il faut que la Conscience investisse le champs du Réel et du pouvoir, et permette à des millions de gens de sortir de l'enfer abominable de la misère, permette également aux artistes, aux humanistes, aux inventeurs et aux personnes dévouées pour le bien commun de sortir de la pauvreté et de l'indignité économique qui les frappent avec tant d'injustice, tandis que par ailleurs tant d'inconséquents et de niais le gaspillent avec morgue et sans vergogne !

Des initiatives incroyables et étonnantes voient actuellement le jour.

Puissent-elles contaminer le Réel et restaurer la vraie face de l'argent : la Danse faramineuse et le Sourire irrésistible de la Déesse !

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On dit souvent "quand le disciple est prêt, le maître apparait"
j'aurai tendance à dire que les règles du jeu ont changé pour notre temps,
et que l'équation est désormais différente :
"quand le disciple est prêt, le Maître disparait" !

Un peu comme dans la tradition musulmane qui
affirme la clotûre de la prophétie avec Seydina Mohamed.
Effectivement, clôture dans le sens ou l'être humain
n'a plus désormais besoin de prophètes.

17.10.2007

Insubordination spirituelle

- Mais pourquoi fairrre simple quand on peut fairrre compliqué ? pouffe avec son accent russe Héléna Pétrovna Blavatsky, la grande fondatrice de la Société Théosophique depuis son fauteuil à bascule recouvert d'une peau de tigre. Elle me considère avec curiosité derrière ses binocles, et à travers un savant et capiteux nuage d'opium. D'où me viens ce sentiment d'avoir connu cette Dame ?

Oui Madame l'auteure magistrale des stances de Dzian, je garde votre mémoire en moi.

Et mon Daemon me souffle ceci :

"Nous cumulons, chacun dans nos corps, nos cellules et nos esprits, et dans les tissus calleux de notre cortex, des chréodes mémorielles vastes comme des mondes dont les méandres infinis contiennent, en myriades de stalactites, le passé condensé de notre espèce.

Nous contenons tous et chacun ce feuilleté de fibrilles encodées de sens qui capitalisent les milliers d'années de pratiques diverses : les vieilles pratiques chamaniques usant de plantes hallucinogènes et de champignons ? Leurs spores toujours vivants ont dilatés nos imaginaires et plantés les racines de nos rêves technologiques !

Les rites tantriques rouges et noirs, les orgies dyonisiaques et priapiques ? Ils nous habitent et se rêvent en nous, s'actualisant comme des succubes dans nos ruts et nos fantasmes !

Les pratiques ascétiques et prométhéennes qui veulent arracher le feu de la connaissance à la force de l'austérité ? Les processions de nos repentances infinis ? Tout cela crépite toujours dans nos alvéoles dans une grand feu de Dieu.

C'est à cette mémoire qu'il faut s'éveiller, et non pas s'épuiser en torticolis psychologiques et spirituels, même guidé par des Maîtres aussi bien guidés soient-ils !

Nous ne sommes pas là pour reproduire les atavismes spirituels de moines médiévaux, ou se décalquer sur leurs vieilles cartographies mystiques.

Mais pour faire pulser notre conscience évolutive et contribuer à la transformation effective du Réel vers plus de Conscience et d'Intégration".

12.10.2007

Forêts imaginales

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Je fais partie de ceux qui ont emprunté dès leur jeune âge, le coeur en bandouillère et le mollet gaillard, le chemin boréal et spiralé de la Quête.

Qui ont fait et refait les mêmes prières en langues diverses, grimpé le long des chemins ardues des ascèses, et dévalé en riant les vallées heureuses des extases. Avec dans le coeur toujours le même mantra palpitant et pathétique : pourquoi ?

J'ai médité en dhoti au bord du Gange, vivant dans un petit ashram, fasciné par les saddhus et les forêts imaginales et mythologiques indiennes. J'ai parcouru, halluciné de lectures et d'expériences rocambolesques les cités grouillantes, les villages ingénus, les temples redondants et les centres spirituels.

J'ai prié dans des zaouias soufies au Moyen Orient et en Mauritanie, le coeur emballé par l'appel matinal des mosquées, qui réverbére dans l'aube du monde visible le verbe opalescent de l'Unique. Les assemblées d'oraisons et de dhikrs nocturnes sous la coupole des étoiles ont régalé mon âme de célestes pâmoisons.

J'ai été serviteur et disciple de plusieurs Maitres, parfois d'écoles opposées, allant jusqu'à laver leurs sous-vêtements, portant leur malette, assistant avec dévotion à leur vie consacrée.

Je suis resté des journées auprès du Samadhi de Sri Aurobindo, à Pondichery, au Mausolé de Ibn Arabi à Damas.
J'ai résidé à Jérusalem dans toutes les conditions, hébergé par des chrétiens arméniens, des palestiniens et des juifs.

Mais mon mantra du "Pourquoi" a toujours été assorti d'une condition : ne pas accepter la clôture d'une démarche exclusive et fermée. Dès qu'un Maïtre m'annonçait la couleur, c'est à dire que Sa Voie était la seule en réalité, la Véridique, je ne tardais pas à reprendre mes clique et mes claques et à repartir pour un autre chapitre de l'histoire.

A quoi bon en effet se consacrer à une quête d'universalité et d'ouverture pour s'enfermer dans une secte, une église, un message bornant le Réel à lui même et ne se donnant comme horizon que le sien.

J'ai toujours été allergique au cantonnement spirituel; ma quête n'a pas été celle d'une appartenance à un groupe, à une histoire, à une sécurité ou à une reconnaissance. Nombre de groupes m'ont proposé des "promotions spirituelles", des responsabilités, avec l'onction du Maître. Mais ces égards ne m'ont jamais séduit.

J'ai en effet toujours été gourmand de la diversité du monde, des êtres et des choses. Très tôt mon intérêt pour l'histoire, la philosophie et l'anthropologie m'ont donner le gôut des approches complexes, ouvertes et intégratives. La fréquentation de la nature et du jardinage ont consolidé ma compréhension du Réel, toujours étonnant et nouveau, bien que reposant sur une trame de lois constantes et cycliques.

Voilà bientôt 30 ans que je vaque à ces pérégrinations, avec toujours ma quête au coeur, plus que jamais gaillarde et faisant belle bombance d'aventures diverses, sans pour autant perdre la boussole du sens.

Contrairement à pas mal d'autres à la quarantaine, je n'ai pas fait le deuil de mes espérances, qui restent vertes et audacieuses. Bien au contraire, j'ai l'impression que cette "Queste" s'est bonifiée, a pris de l'étoffe, de la densité et du contenu.

Qu'elle s'est même enrichie d'une étrange teneur qui parle en moi clairement. Et qui me dis : c'est possible ! Oui petit c'est possible ! Tu peux développer ta relation spirituelle au monde sans t'aliéner ta liberté en avalant des couleuvres dogmatiques et ou en t'enfermant dans le rictus d'appartenances excluantes !

Oui mais alors sans rite organisé, sans direction spirituelle, ne va-t-on pas dare dare retomber en friche, en passant son temps à mordre la queue de son égo, à batailler avec sa compulsion au plaisir/haine, à se débattre dans la mare de médiocrité rampante et vaseuse du cerveau reptilien ? J'en connais quelques-uns qui se sont résolu à se laisser vivre, détendant l'arc de l'exigence intérieure, et se justifiant du fait que se laisser vivre c'est se laisser être, et que se laisser être...finalement...C'est un peu ce que tout le monde dit, non ? Les maitres Zen, les tibétains...Bon, chacun fait sa soupe comme il peut.

Mais je n'ai pas envie de relâcher l'arc intérieur. Au contraire mes courroies sont bien tendues, et tous les moteurs vrombissent avec ce beau bruit de mécanique en rut qui n'aspire qu'à accélérer pour de bon !

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11.10.2007

Cela advient !

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A vrai dire je m'étonne que cela advienne enfin !
Après toutes ces attentes, ces forages, ces essais, ces prières.

Dirais-je combien de fois j'ai pleuré tantôt ma peur de perdre le fil, tantôt le bonheur de sentir son lotus vivant, érigé dans l'ombilicale axialité du Coeur ?

Ctte recherche obsessionnelle m'a accompagnée partout comme un grelot au cou, jusqu'à me poursuivre follement dans mes rêves :
'He, petit, continue, ne dors pas, quitte cette oasis que tu crois avoir trouvé et avance dans la quête, ne rate pas la prochaine caravane !"

Combien j'ai pleuré de tous les yeux que m'a donné ma mère, en cachette, dans les bus qui m'emportaient à l'école, sous les coups donnés par un parent sadique, dans les avions, dans les rues glauques sans lampadaires, dans les taxis brousse africains et la solitude des nuits sans lune.

A 16 ans je rentrais de l'école lentement, à pieds, en couplant mes pas à des mantras pour avancer plus vite sur le treillis du temps.

Je n'ai voulu ni diplôme, ni carrière, ni opportunités faciles, pour me concentrer uniquement et toujours sur cette question du sens.

J'ai toujours cru à cette boussole de sens absurde et évidente qui me tenait debout sur la crête de mon désir de mort. La mort ou la vie plus vraie, plus intense, plus évolutive, plus réelle, plus ouverte ?

Tout cela pourrait-il aboutir enfin à quelques cohérences ? Aujourd'hui les bons bouts commenceraient-ils à se tenir en moi ?

Toutes ces actions ici et là, les Hypermondes, l'Institut Savitri, les textes divers qui prennent forme ( à gauche sites et blogs, les nouveaux), tout cela commence à faire sens autour d'un faisceau de cohérence vivant.

La synthèse pratique se fait jour dans mes pratiques du réel et du quotidien.
Et dans le combat pour avancer encore. Mais cela advient.

Reliances égyptiennes

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Comment dire ces innombrables heures à arpenter le temple de Louxor...
Durant les mois et les voyages effectués, aussi bien physiquement que par de nombreux rêves, j'ai ravivé mes liens avec cette terre hantée d'absolu comme encore habitée par les Dieux, toute prégnante de conscience et de puissance...
J'ai rarement eu autant d'impressions vives, émouvantes et grandioses.
Comme si le temps n'était qu'un léger voile, je pouvais pressentir le site vertigineux des origines, suivre les processions le long de ses immenses allées, entendre au loin les cors, les gongs et les cymbales...

Pourquoi ces impressions m'habitent-elles encore si vivement ?
Derrière le miroir, régulièrement un regard égyptien semble parfois affleurer.

05.10.2007

En travail du Grand Sens

Depuis quelques temps, quelque chose pointe en moi une nouvelle sensibilité.

Je ne parle pas d'esthétique, ni d'émotion. C'est plûtot comme s'il m'advenait une truffe palpitante et vibratile.

De nouvelles impressions fortes se font jour et je deviens de plus en plus sensible aux hormones mutagènes qui embaument le compost de notre sainte et ribaude réalité. Le terreau de la matière, saturé de conscience, semble dégager un nouveau fumet.

A moins qu'il s'agisse de l'effet d'une fermentation. Des enzymes - peut-on y voir l'oeuvre de mutance cellulaire de certains pionniers ? - ont lentement et subrepticement opéré leur mastication anaérobie, oeuvrant à l'ombre dans les soubassements de nos fondations.

Le Verbe fondamental des choses semble avoir été trituré.
Le treillis des mondes semble s'élargir à de nouvelles intégrations.
Mes rêves pulsent comme des roues cerclées de feu et embrasent mon quotidien de sens et d'urgence.

Poussé par cette énergie et ce feu j'ai décidé de laissé libre cours à mon expérience, de ne plus en censurer la richesse et l'affirmation.

Je commence mon travail en préparant plusieurs chantiers, dont l'Institut Savitri.
Des bribes s'en trouveront sur ce blog