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04.02.2007
Il faut lire Olivier de Serres...

En traversant la France en 1789, le célèbre voyageur américain Arthur Young, fit halte au domaine du Pradel, près de Villeneuve-de-Berg. - « Qu'il me soit permis, dit-il, d'honorer ici la mémoire d'Olivier de Serres ; c'était un excellent cultivateur et un vrai patriote ! »...Qui, aujourd'hui connait Olivier de Serres ?
Je tiens sa lecture pour complémentaire à celle de Montaigne, et sa fréquentation moderne, salubre et fortifiante. On raconte que Henry IV aimait à se le faire lire après les repas ! Il gagnerait à être mieux connu, lu, honoré, apprécié...et son "Théatre de l'Agriculture" devrait être un livre de chevet !
Plus encore, si une catastrophe venait à s'abattre sur notre monde, l'ouvrage "Théâtre d'agriculture et mesnage des champs", publié en 1600, nous serait peut-être bien plus utile et vital que nombre de livres "essentiels" de littérature. Et le plus remarquable, est qu'il s'agit également d'une oeuvre littéraire, fraîche, revigorante, et aussi goûteuse qu'un bon vin de terroir. Le protestant Olivier de Serres y concilie harmonieusement culture et agriculture, et campe dans son "Théatre", la figure d'un gentilhomme des champs qu'on aimerait rencontrer plus souvent dans nos campagnes.
J'ai fais sa connaissance inopinée tandis que j'étudiais l'horticulture en Bretagne. Par chance j'ai pu rencontrer un de ces biographe, et même trouver un vieil exemplaire d'une des premières éditions de son oeuvre à la bibliothèque de St Brieux. Je me régalais alors de la lecture de cet auteur robuste et délicat, dont le bon sens terrien s'allie si naturellement aux harmonies de l'esprit.
Ce "bon-homme", pourtant, reste invisible des courants humanistes. On le trouve, en le cherchant bien, confiné dans le cercle des bibliophiles et des historiens de l'agriculture.
Depuis quelques années heureusement des efforts sont entrepris pour remettre à jour cette figure. Son domaine du Pradel, racheté par l'Etat et restauré en 1999, donne lieu à une mise en valeur intéressante, relayée par une association dynamique dont voici le lien.
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02.02.2007
Charles Juliet

Charles Juliet a marqué ma période lyonnaise, plus précisément mes 17-18 ans. Je vivais alors dans une petite chambre de bonne, pas loin de la place Bellecour...
J'ai traversé tant de jours et de nuits à la lumière de ses écrits.
J'ai partagé avec cet auteur si fraternel, une sorte de polyphonie d'être, de palpitation synergétique et intime, une solitaire et austère complicité d'exigence pour débusquer, sous les pierres lustrées des communes évidences, les éclats bruts du Réel.
J'ai aimé cette ascèse du regard, ce souci du dépouillement de soi - au sens des scories du moi - pour mieux accueillir le monde.
J'ai communié avec lui dans cette consumation intérieure qui habite et travaille son oeuvre. Avec lui, j'ai élagué le superflu, les distractions, convoqué l'angoisse et la mort pour enrichir la densité du présent.
Pour en extraire un jour, peut-être, un jus d'écriture pailleté de silence et de feu.
Dans le même temps je fréquentais les sentiers de Gurdjieff. Mais je trouvais chez Juliet plus d'intimité et moins d'esbroufe, et pour tout dire une vérité d'être plus fragile et plus vraie. J'ai cheminé longuement dans les volumes denses de son journal, dans les allées vivantes et feuillues de son écriture.
Et parfois, soudain, nous rencontrions l'évènement boréal : les mots et les phrases cascadaient d'une souriante source, éclaboussant d'une joie sans objet la pesante banalité des matins lyonnais.
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