« La Blessure ? | Page d'accueil | Passage en pratique »
10.12.2007
Yaristan, enfin !
Comment, au quotidien, participer activement à l'accélération spirituelle évolutive, qui tire si fermement les mors de nos rossinantes habitudes, nous laissant ni répit ni vacances sur le chemin soudain si pentu du réel ?
Comment faire en sorte que notre relation ordinaire à la réalité - irradiés cathodiques que nous sommes de sur-information et des drames médiatisés - soit le levier de cette intensification de la conscience qui s'impose aujourd'hui avec tellement de pathétique ?
Comment survivre à tous ces tsunamis de notre espèce qui nous renvoient au sourire de nos petites canines dans le miroir matinal ?
Comment faire de ces heures, de ces minutes, de ces secondes, de ces jours qui s'engouffrent dans la bouche avide du Temps, comment en faire des leviers, des yantras, des capteurs actifs et puissants de sens et de conscience ? Et, oui osons-le mot, de sens , de conscience et... d'amour.
Pour sortir enfin du triste cirque des haines qui embouchent les haines dans une contagion qui nous laisse si vulnérable à la violence et à la peur ?
Heureusement d'extraordinaires extracteurs de Sens nous ont ouverts la Voie, livrant une lutte formidable dans les profondeurs, vrillant le Mur du vieux mécanisme qui grippe nos consciences.
La Voie est ouverte, qui fut portée par la fabuleuse caravane des précurseurs, entretenue dans le secret des coeurs. Clandestinement, à l'ombre des interdits, ils ont, au risque d'être découpés où rôtis, et à l'insu de toutes les inquisitions, délié les fils de notre corset psychique, révélant la splendide nudité de notre divinité en devenir.
Depuis lors, la lente et puissante spire de la connaissance affranchie s'est accrochée à notre espèce et notre histoire, délivrant par pallier ses messages d'ouvertures, distillant ses secrets dans l'alambic des consciences, fomentant des rêves, des inventions et des libertés.
Nous sommes au seuil inaugural de tous les possibles, à la Bifurcation tant attendue depuis des millénaires.
Mais pour y participer suffit-il de le savoir ?
C'est pour mettre en oeuvre une dynamique d'activation évolutive que cet initiative voit le jour. Pour se donner, pour nous donner les moyens d'aller de l'avant.
..........
On verra que notre démarche est particulière, tout en étant naturelle et de bon sens.
En premier lieu, nous avons la conviction que l'ère des gurus est révolue.
On ne plus faire porter à d'autres notre fardeau et nos karmas de fourmis. Il est temps de prendre sur soi sa part du monde et d'aller vaillant au-devant de l'inconnu.
Nous pouvons toujours, lors des inévitables trébuchements, et lorsque nous en avons besoin, nous appuyer fraternellement contre l'épaule de quelques amis. Mais la voie étant ouverte, on ne peut plus faire porter notre destin ontologique par d'autres.
Finalement la concrétion de l'égo a constitué une coquille efficace dans laquelle à pu se loger le Bernard l'Hermite fragile de notre être psychique en croissance.
Mais la couvaison est terminée. Nous sommes faits désormais pour éclore et assumer notre naissance dans le nouveau monde qui advient.
Pour autant nous sommes loin d'être condamnés au destin "camusien" de Sysyphe, à ce yoyo d'exaltations transcendantales suivi de désarrois et d'errances dans ces nuits de pleine lune sans étoiles, qui peuvent parfois nous transfigurer en loup pour nous-mêmes et pour les autres.
Nous avons des clés, et c'est là la merveille.
Nous cumulons, chacun dans nos corps, nos cellules et nos esprits, et dans les tissus calleux de notre cortex, des chréodes mémorielles vastes comme des mondes dont les méandres infinis contiennent, en myriades de stalactites, le passé condensé de notre espèce.
Mais aussi les codons frémissants, le couvain vivant de notre futur.
Nous contenons tous ce feuilleté encodé de sens qui capitalise les milliers d'années de pratiques diverses. On peut facilement tourner les pages de leurs grandes séquences.
Les vieilles pratiques chamaniques usant de plantes hallucinogènes et de champignons ? Nous en avons les spores mémoriels vivants, qui ont en leurs temps fait flamber nos gènes de leurs flash de voyance, nous délivrant les messages des fleurs et des plantes médecinales ! Ces substances, compagnes et amantes jalouses de nos esprits ont remplis leur office, poussant les chamanes et les devineresses à oser le feu de la connaissance et à braver la nuit de notre ignorance. Elles ne délivrent plus aujourd'hui que des tournées de funiculaires hallucinées dont le vertige nous vrille les neurones.
Les rites tantriques rouges et les sabbats sexuels noirs ? Les orgies dionysiaques et priapiques ? Tout cela nous habitent et se rêvent en nous, s'actualisant comme des succubes dans nos ruts et nos fantasmes prolifiques. Remettant sans cesse sur le métier les mêmes variables pathétiques et les mêmes positions kamasutriques dans la générosité compulsive des générations !
Les pratiques ascétiques et prométhéennes qui veulent arracher le feu de la connaissance à la force de l'austérité et de la repentance ? Tout cela et plus encore palpite dans nos alvéoles cellulaires d'un feu toujours crépitant de culpabilité. Des bûchers fument encore, toujours prêts aux hérétiques grillades. Notre espèce porte encore sur la voûte docile de son dos séculaire les stries toujours vives des vieilles processions d'auto-flagellations. Un vieux ragoût coupable au fumet encore appétant mijote dans le fourneaux de nos caboches traumatisées. Saurons-nous lui préférer les millions d'oiseaux d'or et les futurs vigueurs ?
Les Dieux, désormais relégués dans le glacis de nos oublis, envoient toujours leurs commerciaux rabatteurs pour se faire servir, encore et toujours la bonne soupe de nos adorations. La pouponnière terrestre, qui fut si généreuse en tremblantes ouailles et en si généreuses libations et grillades sacrificielles n'est plus ce qu'elle était ! Nous sommes devenus les adolescents ingrats et mauvais, les boutonneux pathétiques et rebelles, les alpinistes prétentieux attirés eux aussi par les cimes originelles. Les transparents glaciers de Mallarmé ne nous affolent plus et nous prétendons pouvoir redresser les statuts tutélaires de nos îles de Pâques intérieures. Osons jusqu'au bout notre destin d'Ulysse, et ne nous arrêtons pas au son des sirènes matricielles, si avides de nous rappeler dans leurs ventres et nous piéger dans la confiture béate des sempiternelles adorations.
La lutte du fragile opprimé contre la machine du tyran oppresseur est devenu la nôtre, sous toutes les coutures de cette planète mouchetée de guerres. Nous devons à cette lutte, dont la bible nous livre l'archétype dans le combat de David, nous lui devons le trophée de nos libertés. Ces dernières, après avoir rampé en catimini pendant quelques siècles, lèvent désormais la tête dans la tête de tous les êtres humains. Mais le combat contre tous les complots néo-libéraux, diaboliques, extra-terrestres ou trilatéraux re-scandent ad nauseum leurs marseillaises et leurs internationales éculées, dont on sent bien qu'elles ont fait leur temps. La page est tournée, celle du complot des coupables, et des coupables comploteurs, mais elle reste toujours puissamment pratique pour écrire les slogans faciles et afficher les noms des bouc émissaires de nos immaturités.
N'oublions pas dans la suite de ce catalogue, le chapitre de la méditation. Le polissage intérieur est certes utile, voir capitale, mais pour un temps. Il nous tient dans la teneur, il irrigue notre biologie de cette autre substance qui nous tient l'esprit debout, avec une rosace dans le coeur. La méditation entraîne l'égo vers le point paradoxal d'abolissement et de souveraineté qui confine aux extases enneigées de silence. On y découvre des voluptés de cétacés et notre coeur s'étoile en harmoniques transcendantales. Elle permet de déplumer notre oiseau social, ce perroquet infatué au moi redondant. Mais à trop polir on perd du relief, à la longue on finit par poncer les nuages. Bref, on fleure l'inconsistance en confondant la paix soporifique et la bien-aise intérieure avec l'évolution de la conscience. Il est extraordinaire de constater le nombre de maîtres spirituels qui prescrivent encore cette ordonnance ponctuelle comme une fin, accoutumant leurs disciples à rester des disciples.
Les lourds nuages de ces mémoires sont en co-présence dans nos corps et nos esprits, et s'imposent parfois comme les horizons uniques de nos possibilités. Nous allons alors répétant et répétant les histoires répétitives comme Charlot devenu le maillon saccadé de sa chaîne pathétique.
Mais par-delà leurs horizons fermés, se cachent les grands nids de nouvelles couvaisons, qui vrombissent de leurs ailes naissantes. Ni les ascètes, ni les sévères anachorètes, ni les dévots confits en leur espérances méritées, ni les docteurs de toutes les lois, ni les inquisiteurs n'ont accès à ces bancs de saumons frais qui remontent allègrement les grands torrents de nos Hyperborées naissantes.
Cet à cet appel saumoné et bien frais du Grand Sens qu'il faut s'éveiller, et non s'épuiser en torticolis psychologiques et spirituels, fussent-ils induits par la guidance de Maîtres aussi bien guidés soient-ils !
Nous ne sommes pas là pour reproduire les atavismes spirituels de moines médiévaux, ou se décalquer sur leurs vieilles cartographies méritantes, angéliques et mystiques.
Nous sommes investis d'une autre étape dans le déroulement de la spirale évolutive. Et il nous revient de participer à la transformation effective du Réel.
On trouvera bientôt dans le site www.mandala-de-vie.org les pistes, ressources, outils opératoires pour nous donner les moyens de fourbir nos éclosions et nos miracles au coeur de ce trouble fog planétaire qui, à dessein, nous oppresse pour nous presser de le transformer.
Yaristan
23:45 Publié dans Mes textes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

