03.06.2007
Chacun son tour...

Poignante photo d'un homme mort.
En lisant le commentaire de son petit fils qui l'a mis en ligne
le visage s'habite subrepticement...
et l'homme évoqué n'en devient que plus vivant.
Après que nous l'ayons vu dans sa crudité mortelle,
quelque chose en lui de bienveillant semble nous regarder...
"my grandpa was a good man.
he was a farmer for the majority of his life.
he survived stomach cancer for 17 years.
and finally gave in to lung cancer age 85.
he was a fantastic cyclist.
and a very opinionated man.
he made machines out of old white goods motors and pulleys to do everyday tasks.
his dogs were loyal, well behaved, helpful, caring creatures.
his fruit, vegetables, wheat and milk were incredibly delicious.
his meat and fish divine.
my kids never got to meet him.
but one day, i'll tell them all about their great grandpa.
one day.
hi grandpa! is your next life as good as your last one?"
23:40 Publié dans Inspirateurs | Lien permanent | Envoyer cette note
04.02.2007
Il faut lire Olivier de Serres...

En traversant la France en 1789, le célèbre voyageur américain Arthur Young, fit halte au domaine du Pradel, près de Villeneuve-de-Berg. - « Qu'il me soit permis, dit-il, d'honorer ici la mémoire d'Olivier de Serres ; c'était un excellent cultivateur et un vrai patriote ! »...Qui, aujourd'hui connait Olivier de Serres ?
Je tiens sa lecture pour complémentaire à celle de Montaigne, et sa fréquentation moderne, salubre et fortifiante. On raconte que Henry IV aimait à se le faire lire après les repas ! Il gagnerait à être mieux connu, lu, honoré, apprécié...et son "Théatre de l'Agriculture" devrait être un livre de chevet !
Plus encore, si une catastrophe venait à s'abattre sur notre monde, l'ouvrage "Théâtre d'agriculture et mesnage des champs", publié en 1600, nous serait peut-être bien plus utile et vital que nombre de livres "essentiels" de littérature. Et le plus remarquable, est qu'il s'agit également d'une oeuvre littéraire, fraîche, revigorante, et aussi goûteuse qu'un bon vin de terroir. Le protestant Olivier de Serres y concilie harmonieusement culture et agriculture, et campe dans son "Théatre", la figure d'un gentilhomme des champs qu'on aimerait rencontrer plus souvent dans nos campagnes.
J'ai fais sa connaissance inopinée tandis que j'étudiais l'horticulture en Bretagne. Par chance j'ai pu rencontrer un de ces biographe, et même trouver un vieil exemplaire d'une des premières éditions de son oeuvre à la bibliothèque de St Brieux. Je me régalais alors de la lecture de cet auteur robuste et délicat, dont le bon sens terrien s'allie si naturellement aux harmonies de l'esprit.
Ce "bon-homme", pourtant, reste invisible des courants humanistes. On le trouve, en le cherchant bien, confiné dans le cercle des bibliophiles et des historiens de l'agriculture.
Depuis quelques années heureusement des efforts sont entrepris pour remettre à jour cette figure. Son domaine du Pradel, racheté par l'Etat et restauré en 1999, donne lieu à une mise en valeur intéressante, relayée par une association dynamique dont voici le lien.
11:10 Publié dans Inspirateurs | Lien permanent | Envoyer cette note
02.02.2007
Charles Juliet

Charles Juliet a marqué ma période lyonnaise, plus précisément mes 17-18 ans. Je vivais alors dans une petite chambre de bonne, pas loin de la place Bellecour...
J'ai traversé tant de jours et de nuits à la lumière de ses écrits.
J'ai partagé avec cet auteur si fraternel, une sorte de polyphonie d'être, de palpitation synergétique et intime, une solitaire et austère complicité d'exigence pour débusquer, sous les pierres lustrées des communes évidences, les éclats bruts du Réel.
J'ai aimé cette ascèse du regard, ce souci du dépouillement de soi - au sens des scories du moi - pour mieux accueillir le monde.
J'ai communié avec lui dans cette consumation intérieure qui habite et travaille son oeuvre. Avec lui, j'ai élagué le superflu, les distractions, convoqué l'angoisse et la mort pour enrichir la densité du présent.
Pour en extraire un jour, peut-être, un jus d'écriture pailleté de silence et de feu.
Dans le même temps je fréquentais les sentiers de Gurdjieff. Mais je trouvais chez Juliet plus d'intimité et moins d'esbroufe, et pour tout dire une vérité d'être plus fragile et plus vraie. J'ai cheminé longuement dans les volumes denses de son journal, dans les allées vivantes et feuillues de son écriture.
Et parfois, soudain, nous rencontrions l'évènement boréal : les mots et les phrases cascadaient d'une souriante source, éclaboussant d'une joie sans objet la pesante banalité des matins lyonnais.
Liens et bio chez son éditeur
22:35 Publié dans Inspirateurs | Lien permanent | Envoyer cette note
17.01.2007
A Emile Granger...
J'ai connu le Père Emile à 16 ans et demi, inopinément pour ne pas dire providentiellement. Errant sans domicile dans les rues de la cité stéphanoise, je cherchais un refuge.
De manière inattendue, j'ai frappé à la porte d'une paroisse, presque au hasard, et suis tombé sur le Père Emile Granger. C'était sur lui qu'il fallait tomber, le seul prêtre de la ville accueillant des "jeunes", chez lui, sous son toit.
Emile était un homme toujours occupé. Occupé par les autres, les "gars", ses "gars" dont personne ne voulaient, lesquels allaient et revenaient de prison, en manque de lien, en manque d'amour, en manque souvent de Père.
Emile était le père à tous, le refuge, le repère.
02:25 Publié dans Inspirateurs | Lien permanent | Envoyer cette note
05.01.2007
Hommage à Jean Herbert

Comme Arnaud Desjardins, Jean Herbert, avec sa collection Spiritualité Vivantes chez Albin Michel, a été un "passeur" important de la spiritualité orientale, traduisant à tour de bras et préfaçant les ouvrages de Sri Aurobindo, Ma Ananda Moye, Suzuky, Ramdas... et tant d'autres que nous attendions impatiemment dans les librairies.
Ce pionnier, traducteur de profession et ami de Romain Rolland, s'est engagé dès les années 30 à la traduction des Maîtres spirituels indiens, et s'est trouvé mandaté par Sri Aurobindo, dont il était disciple, pour traduire, sous sa direction s'il vous plait, ses oeuvres majeures en français.
Puisse "Vishvabandhu" (l’ami de tous, nom spirituel donné par Sri Aurobindo), être satisfait et recevoir toute notre reconnaissance pour remarquable travail !
20:45 Publié dans Inspirateurs | Lien permanent | Envoyer cette note
Arnaud Desjardins

Dans les années 70-80, Arnaud Desjardins a contribué de manière importante à faire connaitre la spiritualité indienne, soufie et tibétaine par ses reportages et ses livres. On peut rendre hommage à son travail de pionnier, et l'engagement profond de sa personne dans une quête que nous avons pu suivre à travers ses films et ses ouvrages.
Je n'ai jamais partagé le coté très "védantiste" de son orientation, et ses développements sur l'égo sont parfois un peu longs...mais l'homme et le démarche sont tellement respectables, et même édifiants ! C'est probablement un des plus authentique "spirituel" d'aujourd'hui, qui a su allier, et à quel prix, tradition indienne et fidélité d'occident, dans une tension ontologique permanente entre ces deux univers. Celui de l'individuation spirituelle occidentale, au sens donné par Jung, et de l'abolition de l'égo au sens védantiste. Ce grand écart ne peut être résolu, à mon avis, que par le sens le plus chrétien de la Personne. C'est pourquoi je pense qu'Arnaud Desjardins est en fait un mystique chrétien qui s'est accomplit dans sa rencontre avec l'Inde ! Dans ses dernières interviews, il se réfère avec émotion aux évangiles...
Il nous a donné un petit bijou : le film "Ashram", très émouvant, qui donne vie, dans un contexte complètement authentique à des personnages aussi remarquables que Ma Ananda Moye, Swami Ramdas, Swami Sivananda...
Comme pour Jean Herbert, nous lui devons une fière chandelle !
Voici une petite interview trouvée par hasard...
Partie 1 - Interview
19:30 Publié dans Inspirateurs | Lien permanent | Envoyer cette note
08.09.2006
Viktor Frankl
Viktor Frankl est un de ces personnages marquant qui mériterait un film de Spielgerg. On consultera sa biographie à partir du lien ci-après. Juif, il refuse de quitter l'Autriche en dépit d'un visa pour les US. Neurologue et psychiatre, directeur de clinique, il permet à nombre d'handicapés et de juifs d'échapper à l'enfer en sabotant au risque de sa vie les ordres nazi concernant l'euthanasie pour les malades mentaux ; il falsifie les diagnostics lors des examens médicaux. Déporté au camp de Theresienstadt, puis Auschwitz, il en réchappe en écrivant, sur des bouts de papiers, un livre sur ...les soins de l'âme ! Après la guerre, il fonde la logothérapie qui a pour vocation d'aider la personne souffrant de vide existentiel à retrouver un sens à sa vie !
Voilà quelqu'un qui sait de quoi il parle !
![]()
FRANKL, Viktor Emil.
Transformer la souffrance en réalisation humaine;
Agir de façon responsable face au caractère transitoire de la vie.
20:00 Publié dans Inspirateurs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Merci, Silvio Fanti
Silvio Fanti, paradoxalement peu connu, est un personnage à l'oeuvre capitale. "L'homme en micropsychanalyse", est sa publication principale. C' est un pavé dans la mare des connaissances confortables qui fondent notre réalité existentielle. Une marée d'équinoxe qui emporte nos certitudes. Un trou noir de densité, qui ne peut se mesurer qu'au vertige sidéral que l'on contemple dans le désert saharien ou en assistant à un accouchement ! Silvio Fanti m'a accompagné depuis de nombreuses années. Je lui en suis gré. Merci Silvio !

...............
Fanti, Italien, est né à Neuchâtel (Suisse) le 22 septembre 1919 et décédé à Paris le 26 juin 1997. A Fribourg, il obtient son baccalauréat latin-grec en langue française, alors qu'il passe sa maturité latin-science à Einsiedeln en langue allemande. Diplômé en médecine de l'université de Zürich, il soutient une thèse en psychiatrie à l'université de Vienne (Autriche) : Les réactions au cours de l'électrochoc et une thèse en gynécologie-obstétrique à l'université de Genève : L'accouchement dirigé.
Il se forme à la psychanalyse freudienne chez Dantzer, à New York (où il passe plusieurs années après la guerre) et chez Gressot, à Genève. Pouvant conduire les analyses en français, italien, anglais et allemand, il est appelé professionnellement sur les cinq continents.
Au cours de ses longs séjours en Inde, en Chine, au Japon, en Australie, en Amérique... il n'a de cesse d'observer les hommes dans leur vie quotidienne, quelle que soit leur culture, pour essayer de comprendre l'âme humaine. Ses observations et les réflexions qu'il en tire (relatées dans Après avoir...) fondent la pensée micropsychanalytique.
Après des années de travail dans le monde entier, il s'installe définitivement à Couvet (Suisse), où il crée avec ses collaborateurs la Société internationale de Micropsychanalyse en 1973.
19:14 Publié dans Inspirateurs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

